Quand je vois les jeunes qui expriment haut et fort leurs rêves, qui, pris d'une impulsion du coeur, dénoncent les failles du monde, je réalise que je vieillis. Si la sensibilité du coeur gouverne les jeunes, tôt ou tard la raison finit par accumuler assez de concepts pour recouvrir la sensibilité du coeur ; nous devenons adulte. Je ne sais pas pourquoi, mais l'adulte abdique, il fini par utiliser ce qu'il dénonçait pour son propre confort. Il entre dans le jeu des endormis, et lui-même devient somnambule.
Dans ce monde d'adultes modernes, on ignore et veut ignorer l'étape suivante, celle de la sagesse. La sagesse, on la place dans des institutions, et on fait fi de son message. Trop préoccupé par nos ambitions, on se met des oeillères pour faire sûr de ne pas voir la vérité, de peur de perdre nos illusions, de peur de perdre notre confort emprunté à même les ressources de notre chère planète. Et pendant qu'on broute et qu'on se creuse la tête dans le sable, nos jeunes nous crient de leur coeur ; eux qui ont encore la vue vierge. Les vieux nous lancent des avertissements de sagesse ; eux qui ont retrouvés la vue. Mais l'adulte est trop occupé à gouverner ses ambitions, trop occupé à creuser ses illusions et à consommer sa réussite.
Heureusement, je crois qu'on entre dans un air de sagesse. Je crois que l'éveil collectif est en train d'enfanter, et que le résultat permettra à la sagesse de reprendre les rênes de la destiné humaine. Qu'importe la douleur du changement, le résultat sera, ni plus ni moins, la pérennité de l'existence humaine.
Qu'est-ce que l'idéal humain ? Le juste équilibre entre le coeur et la raison, tous deux gouvernés par la sagesse.