31 octobre 2011

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À la base, tout est calme et vaste. Profondeur, vision large, observation et réaction sensitive en relation avec la vie émergente.

Le corps vibre de cette harmonie. La vie circule. La peau est comme un troisième poumon qui s'imprègne de l'atmosphère. Légèreté et sensation d'unité.

Puis les choses du temps : La productivité, l'efficacité, la ponctualité, et tous ces objets censés faciliter la vie, qu'on doit payer, donc travailler.

Le corps s'imprègne alors du temps qui rétrécie, et devient crispé. La circulation se congestionne comme les artères routiers. La respiration devient moins ample et les pores de peau se ferment. Lentement la conscience rétrécie et emprisonne le moi dans ce qu'on attends de lui.

C'est une réalité, mais une autre existe, celle du réel contact avec la vie. Alors un choix s'impose. Et de ce choix implique une volonté, une action ; celle du retour au vaste profond, à l'union de soi à la vie …


Sur mon tapis je reviens.
Un arrêt, un retour, une brèche dans les temps fous. 
Une première inspiration profonde et consciente qui remplit plus qu'une journée de souffles courts, d'essoufflement. 
Puis la salutation au soleil qui décrispe, qui dégage, qui ouvre, qui permet enfin à la vie de circuler, de reprendre son rythme profond.
Le prânayama qui permet à l'air d'habiter tout le corps et même au-delà. 
Les âsanas qui oeuvrent en profondeur, équilibrent, énergisent, oxygènent, dégagent les tentions, permettant au soi de revenir sur terre.

En ouvrant les yeux après la méditation, c'est principalement cette réalisation qui survient : le retour sur terre. Le retour sur cette merveille de vie que l'on essouffle à la mesure de nos ambitions désaccordées.

Mais le retour à la conscience me permet même d'apprécier les désaccords de l'époque et de la vie en évolution. La vie est parfaite en son processus et mon rapport à elle est parfait du moment où elle est perçue par la profondeur du soi, du moment où la peau peut respirer le monde, du moment ou le mouvement de la conscience peut s'élargir jusqu'à ressentir au fond de soi la vibration de la liberté, du moment ou le je devient Cela.