15 février 2011

Le présent englué

Il vous est peut-être arrivé de penser à votre enfance tout en affirmant que c'était le bon vieux temps.

Il y avait quelque chose de pur dans l'enfance, une fraîcheur d'esprit, un état de douce jouissance que permettait l'absence de préoccupation.

Il vous arrive peut-être aussi de dire à vos enfants : "Profite bien de ton enfance, ce sont tes meilleurs jours", en pensant que quand vient l'étape adulte, toute cette magie se perd.

Est-ce que vous vous rendiez compte de cet état merveilleux quand vous étiez enfant? Est-ce que vous vous rendez compte de votre état présent ? Cet état merveilleux est toujours là, il l'a toujours été ; c'est notre pouvoir de le sentir qui s'est englué par notre "super-capacité" à nous préoccuper.

Pré-occupé ; nous ne sommes même pas encore occupé que nous le sommes déjà !
La fraîcheur d'esprit n'est pas que le produit de l'enfance, elle est le produit de l'esprit lui-même, et tant que nous serons conscient nous y auront accès. Il ne suffit que nous désengluer de nos préoccupations et de se brancher sur le présent…

Le présent est toujours là. Le sentez-vous ?




YC ॐ

14 février 2011

Santé et Yoga





Pourquoi la santé est-elle si importante à l'intérieur de la discipline du Yoga? Pourquoi vouloir à ce point perfectionner tous les aspects reliés à la santé physique, mentale, psychologique et spirituelle ?

Avoir une bonne santé est synonyme de bonheur, d'absence d'inquiétude ... nous souhaitons tous vivre le plus longtemps possible et le mieux possible. Mais autre que pour des raisons évidentes, les y
ogis cherchent à perfectionner leur santé dans le but d'acquérir la plus grande liberté possible. Non seulement cette liberté permet de bien se sentir, mais elle permet à la conscience de se manifester en soi, avec plus de subtilité.

Nous pourrions comparer le corps humain pour les yogis à un Stradivarius pour un violoniste. Le Stradivarius est le violon par excellence, il émet le son le plus parfait de tous les violons. Pour le violoniste, le fait de jouer avec cet instrument lui permet d'aller chercher des subtilités qu'aucun autre violon ne pourrait offrir. Il permet au musicien de mieux s'exprimer et même, d'exprimer des choses qu'il n'aurait pas pu imaginer. La musique n'est pas réellement quelque chose que le musicien crée, mais quelque chose que le musicien découvre. Le fait de jouer avec un instrument parfait lui donne la possibilité de découvrir avec encore plus de subtilité la musique qui se révèle à lui. Dans le même ordre d'idée, la conscience n'est pas quelque chose que l'on crée, mais quelque chose que l'on découvre. Le fait d'avoir un corps parfait, et un mental qui permet à la conscience de se manifester à l'esprit sans obstacle, permet au yogi de ressentir corporellement et spirituellement des subtilités qui resteraient voilées à un esprit emprisonné dans un mental et dans un corps désaccordé. La perfection du corps, du mental et de l'esprit permet au yogi de faire Un avec la conscience qui se révèle à lui. Plus la conscience se dévoile, plus la profondeur de l'expérience se subtilise, plus le yogi devient conscient de la réalité qui s'ouvre à lui.


YC ॐ

10 février 2011

L'emmerdement volontaire

Nous vivons à une époque vraiment particulière.
Le temps qui rétrécie me fait penser à un contenant qui semble vouloir maintenir notre esprit captif à l'intérieur d'un espace de plus en plus petit. Il y a la masse d'informations qu'on prétend être variée et rigoureuse, alors que seul un petit nombre de ces informations semblent programmer l'esprit humain à l'échelle de la planète. Il y a la culture des peuples, riche et variée qui devient de plus en plus "mono-culturalisée" ; comme l'agriculture.

J'ai assisté aux ravages de cette monoculture en Inde.
Lors de mon premier séjour, en 1998, j'ai découvert un pays possédant une culture extrêmement riche et vraiment différente de la culture occidentale. À cette époque, l'Inde ne s'était pas encore ouvert complètement au marché mondial. Internet était très difficile d'accès et n'était pas encore très utilisé, et si nous y avions parfois accès, la connexion était d'une lenteur impossible.

Ce pays respirait l'authenticité. Peut-être était-il chaotique et désorganisé, mais il était surtout vivant, coloré et extrêmement spirituel. (Il l'est heureusement encore aujourd'hui).

J'y suis retourné plusieurs fois depuis, et chaque fois l'Inde change un peu plus.
Les indiens ont maintenant accès au crédit plus facilement, ce qui fait que la vente de voiture est passée de 85 000 en 1995 à 2 500 000 en 2009. Le tourisme s'est développé au point où il est désormais facile d'avoir accès à une cuisine internationale, alors qu'il y a à peine dix ans les occidentaux sautaient de joie quand il parvenaient à dénicher une rare "germain bakery" pour s'empiffrer de "lemon cake". Nous étions alors obligé de nous conformer à LEUR culture.

Les indiens portaient presque tous la moustache (depuis longtemps passée mode en occident), et nous pouvions voir des femmes habillées à l'occidental seulement dans les grandes villes, comme Bombay et Delhi. Maintenant une grande partie délaissent le saree pour se déguiser en vedette hollywoodienne. Ce ne sont que quelques exemples.

L'Inde n'est pas le seul pays à troquer sa culture au profit de la culture occidentale. Tous ces changements proviennent probablement du fait qu'Internet est maintenant accessible partout. Le résultat est que la population mondiale peut désormais se remplir la tête d'images occidentales, et peut, grâce au marché, se procurer les biens matériels qui leur permet maintenant de matérialiser ces rêves que leur ont inculqués les publicitaires de ce monde.

Je trouve merveilleux de pouvoir me procurer un mélange fin d'épices indiens au marché Jean-Talon, ou d'avoir accès aux livres traitant du yoga, de la philosophie védique ou bouddhiste. Mais je trouve terriblement regrettable que les indiens troquent leur culture pour un Big mac, une paire de jeans et des jeux vidéo. On se croirait revenue au temps où les français échangeaient aux amérindiens des miroirs et de l'alcool contre des fourrures et des terres.

Dans le même ordre d'idée, je trouve regrettable que le peuple occidental (je m’inclue là dedans) soit à ce point aveuglé par le matérialisme, la mode, la consommation, par l'information bonbon, par la politique de l'argent et la religion monétaire.

Le fait est que nous sommes constamment bombardés d'informations ; par la télé, la radio, internet, les téléphones "intelligent" ... La publicité est partout ; sur les routes, sur les autobus, les bâtiments, les vêtements, dans nos poches ...
Il faut rester informé, être cultivé, suivre les tendances, avoir une opinion sur tout, être performant, posséder la dernière mode ...

Le réveil (ou le début de l'endormissement) débute le matin avec la radio, se poursuit avec la télé et Internet ... toute la journée est bien remplie, mais il reste des moments à exploiter : le iPhone s'en occupe. Maintenant tout champ de silence peut désormais être comblé. Il est possible de rester constamment branché hors de soi sans jamais avoir à confronter notre intérieur, sans jamais avoir à se rappeler que nous sommes humain, sans jamais avoir le temps de réfléchir à ce qu’est réellement un être humain.


La révolution pacifique

Voici ma suggestion pour aider à nous défaire de notre servitude : L'EMMERDEMENT VOLONTAIRE. Parce que je crois qu'ici se trouve une partie du problème : Nous n'acceptons plus l'ennui que peut causer le rien, et nous n'arrivons plus à nous nourrir du silence ; l'élément le plus hautement nutritif qui soit.

La thérapie ? : Confronter le rien, accepter l'emmerdement (temporaire) du vide. Cesser d'avoir peur de ce que peut nous révéler ce que nous sommes vraiment et qui est enfoui en nous.

Eteignez la radio, la télé, l'ordinateur, le téléphone, le portable ... la lumière ? pourquoi pas ; allumez une bougie ! Plus rien, pas de livre, pas de musique ... alors quoi, tout ce temps pour le yoga ? Non plus. Pas de yoga, pas de méditation ni de musique calme : RIEN.

Vous allez voir que l'emmerdement survient assez rapidement, et comme un ivrogne sans alcool depuis des heures vous allez probablement sentir un manque, peut-être même une angoisse. Alors votre volonté, normalement sur le pilote automatique, vous donnera sûrement quelques impulsions intérieures, quelques idées pour contrer le "grand malheur" d'être seul en face de soi. Attendez, soyez patient, respirez (ça vous avez le droit), observez ... observer quoi ? : Observez l'émergence du temps, le silence, le rien, observez votre sensation d'emmerdement, acceptez-la comme une protestation à tout ce qui vous rends esclave de notre époque. Il ne reste plus grand chose de pur, de vrai ... mais le silence ; rien n'est plus pur que le silence, rien ne peut nous ramener davantage à soi que le silence ... mais il faut du temps pour que la poussière tombe, du temps pour que l'emmerdement se change tout-à-coup en profondeur, du temps pour que nos envies se calment et laissent la place à un sentiment de plénitude et de gratitude, du temps pour être à nouveau apte à être conscient de la vie et de sa musique silencieuse.

Si jamais vous faites l'exercice assez longtemps (ça peut prendre jusqu'à plusieurs heures, voir plusieurs jours, en alternance avec les activités essentielles), vous verrez s'installer un vrai sentiment de plénitude, vous sentirez que vous vous habitez à nouveau, que ce que vous êtes vraiment se remet tranquillement à vous parler. Vous arriverez à reprendre contact avec la vie, vous ressentirez ce que c'est d'être attentif à la respiration, vous comprendrez ce qu'est le prâna, ce qu'est le silence et le "vide plein", parce que vous en ferez l'expérience. Vous comprendrez à nouveau que la vie est beaucoup, beaucoup plus intelligente que les ordinateurs, que les téléphones ...

Vous comprendrez alors ce que c'est d'être vraiment BRANCHÉ.

Alors vous n'aurez plus besoin d'ordinateur. Ni de ce site Internet.

Tant mieux pour vous ! Tant pis pour moi.


ॐ YC






Posologie pour l'emmerdement-thérapie


Au début : De une à quatre fois par mois.
Tout éteindre et observer. L'exercice en forêt est permis. Si vous marchez, marchez très lentement, mais idéalement restez sur place.
Poursuivez l'exercice jusqu'à ce que le sentiment d'emmerdement cesse et fasse place à un sentiment de satisfaction.

Par la suite : Augmentez la fréquence de une à sept fois par semaine.

Idéalement intégrez le silence à votre quotidien ; surtout le matin et le soir.

Si vous commencez à délaisser vos obligations et à devenir paresseux, vous n'avez pas compris l'exercice ; ressaisissez-vous et travaillez votre équilibre.

Cet exercice vous permettra d'alimenter tous les aspects de votre vie. Vous arriverez alors à utiliser les prodigieuses inventions humaines sans vous faire avaler par elles. Le but n'est pas de se rebeller contre le génie humain, mais d'en jouir de façon équilibré. Si par ailleurs la vie vous amène à être de plus en plus en contact avec ce silence, et qu'ayant subvenu à vos obligations vous avez la possibilité de pénétrer de plus en plus profondément ce silence, allez-y sans modération, et remerciez la vie de vous offrir la possibilité de découvrir de plus en plus profondément son mystère.


YC

7 février 2011

Rappel des 4 détails importants

Dès le départ, lors de l’apprentissage du yoga, quatre détails importants sont exposés, puis ensuite constamment répétés. Le but de revenir sans cesse à ces détails importants est de programmer le mental et la volonté de façon à ce que l’exécution de ces détails se fassent automatiquement. Au début de l’apprentissage, nous avons sans cesse besoin de nous rappeler ces détails, parce qu’à tout instant le mental semble vouloir vagabonder ici et là. C’est probablement l’aspect le plus important que nous apportent les séances guidées une fois que l’apprentissage de base à été intégré ; les indications du professeur nous ramenant constamment sur ces détails importants.

Les quatre détails les plus importants lors de l’exécution des âsanas sont :

1- Le positionnement juste et l’immobilité de la posture : La posture doit être symétrique, avec un constant léger mouvement d'étirement. Elle doit aussi être le plus immobile possible. L’immobilité permet à l’énergie prânique de travailler avec plus de profondeur au niveau de chaque partie du corps, autant au niveau physique (muscles, tendons, organes internes) qu’au niveau énergétique (nadîs, centres énergétiques).

2- La relaxation du corps et du mental : Le corps et le mental sont intimement liés. De relaxer le corps amène le mental à relaxer, de relaxer consciemment le mental modifie le rythme énergétique et permet à l’énergie globale de mieux circuler, ce qui contribue à la détente du corps. La relaxation à l’intérieur des postures est essentielle, non seulement pour l’aspect énergétique mais aussi pour l’aspect physique. Effectivement, de détendre consciemment le corps permet aux muscles et tendons de se dégager des tensions accumulées, ce qui rend plus facile et plus sécuritaire les étirements.

3- La respiration profonde : La respiration permet d’énergiser et d’oxygéner le sang, et donc le corps en entier. Elle permet aussi au système énergétique subtil d’assimiler le prâna. La respiration facilite la relaxation et la concentration.

4- La concentration : La concentration amène l’esprit à être attentif et vigilant. De plus, l’énergie prânique est très «réceptive» ; le prâna suit et «obéi» à la pensée concentrée, donc par exemple, de vous concentrer au niveau d’un centre énergétique en particulier apportera une plus grande dose d’énergie en cet endroit précis.
Une autre façon de se concentrer consiste à diriger la concentration au niveau de Âjna chakra, (l’endroit situé au milieu de la tête, à la hauteur du point entre les sourcils) puis d’élargir l’attention à l’ensemble du corps. De cette façon l’énergie sera «distribuée» et équilibrée globalement.